Jardiner : ma passion. Dans un monde où tout pousse à accélérer, le jardin impose un autre tempo. Il oblige à ralentir, à revenir au concret, à la matière, à la terre — à ce qui résiste un peu. Comme l’écrivait Jean-Jacques Rousseau, « la nature ne se hâte point, et pourtant tout s’accomplit ». Jardiner, au fond, ressemble beaucoup à éduquer — et à s’éduquer soi-même. On prépare un terrain, on crée des conditions, on accompagne des processus… mais on ne décide ni du rythme ni de la forme exacte que prendra ce qui pousse. Le jardin rappelle que la croissance ne se décrète pas. Elle se cultive, dans la durée, avec une attention continue et une certaine humilité. À force de jardiner, on apprend à observer plutôt qu’à contrôler, à ajuster plutôt qu’à imposer. C’est une école de patience dans le geste et le regard. Et de l’émerveillement toujours renouvelé devant la beauté de la vie.