Méta

Les billets de la catégorie « méta » poursuivent la réflexion sur la réflexion sur la pratique qui fait l’objet de ce blogue.

Dans ce cadre, je m’intéresse notamment à certaines notions clés en éducation et en psychologie de l’éducation. Les billets clarifiant ces notions s’adressent surtout à mes étudiants qui, découvrant l’étendue et la diversité des écrits, se trouvent souvent désemparés et parfois révoltés devant ce qu’ils perçoivent comme une confusion de termes, de concepts, de langues. De temps à autre, des questions qui m’ont été posées révèlent une soudaine prise de conscience du caractère problématique de l’emploi courant de certains mots qui leur paraissaient jusqu’alors aller de soi, comme c’était le cas pour cette étudiante finissante du baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire qui m’avait demandé pourquoi parle-t-on des « éducatrices » au préscolaire et des « enseignantes » au primaire ? À l’époque, fraîchement diplômée en psychologie cognitive je n’ai su lui répondre. Je n’ai pu que m’étonner avec elle de l’incertitude éprouvée, au seuil de son entrée dans la vie professionnelle en tant qu’enseignante ou éducatrice. Pourtant, la différence entre « enseigner » et « éduquer » est importante, car elle touche aux finalités que l’on peut assigner à son action professionnelle et donc à la compréhension du sens de la profession.

« Le risque de la tour de Babel ne provient pas de ce que les partenaires parlent des langues différentes; il provient de ce qu’ils pensent parler la même langue tout en parlant des langues différentes » (Van der Maren, 1996, p. 23).

Aussi, de plus en plus souvent, les étudiants doivent faire les liens entre les discours scientifiques de la communauté anglophone et francophone. Il est vrai que, pour employer une expression imagée proposée par Jean Houssaye, on assiste, dans le milieu éducatif, à une intensification du mouvement d’« import-export » des idées des deux côtés de l’Atlantique, selon le circuit privilégié suivant : « USA => Canada => Québec => Belgique/Suisse=> France » (2006, p. 85). Ce mouvement est, selon cet auteur, « devenu irréversible, sous l’action conjuguée de trois éléments : l’existence de problématiques éducatives communes aux différents pays (sous l’effet de la mondialisation économique, culturelle et éducative), la crise de l’État-nation et la construction de nouveaux espaces culturels (comme l’Union européenne), l’internationalisation du monde universitaire et de la recherche scientifique » (Ibid., p. 87). Mais la ressemblance de certains termes peut être trompeuse, opposant un frein à une meilleure compréhension des apports propres à chaque communauté linguistique. C’est pourquoi, je propose dans certains de mes billets une comparaison de ces faux amis.


Houssaye, J. (2006). Pédagogies : import-export. Revue française de pédagogie, 155, 83-93.