A propos

« Écrivez votre histoire » demande WordPress dès qu’on ouvre une nouvelle page…

Mon histoire commence en Russie, ou plutôt, comme je le disais fièrement à mes camarades polonais à l’école : en Union Soviétique. Il ne fallait pas confondre l’Union Soviétique (communiste) avec la Russie (tsariste), ça, je l’ai sû très tôt. Mon grand-père devait y être pour quelque chose, puisqu’il était rédacteur en chef du journal communiste local, intitulé fièrement « Altaiskaia Zwezda » (L’étoile d’Altai).

C’est probablement avec lui que j’ai appris que l’écriture c’est du sérieux..

C’était une autre époque, avec les photos en noir et blanc, prises avec des gros appareils comme celui-ci, tenu par un ami de mon grand-père.

Dans les montagnes d’Altai, en Sibérie occidentale (1967).

Ensuite, j’ai vécu en Pologne, puis en France, et maintenant au Québec. C’est une longue histoire, avec de multiples rebondissements, comme c’est souvent le cas pour ceux qui changent de pays. J’ai travaillé dur, en faisant toutes sortes de métiers et finalement, j’ai décidé de retourner aux études, à un âge qui me semblait à l’époque très avancé, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui !

J’ai étudié la psychologie en France, à distance, au CNED (Centre national d’enseignement à distance). Ça, c’était vraiment de l’étude indépendante et par correspondance: on étudiait toute l’année des manuels envoyés par la poste, et on passait des examens à la fin. Aux examens de la première année, l’amphi était plein à craquer avec mille étudiants au moins… Aux examens de la deuxième année, nous n’étions plus que 100. Cela correspond assez bien aux chiffres de réussite dans l’enseignement par correspondance que l’on trouve dans la littérature, environ 10 %. En adoptant une stratégie d’apprentissage « par la marche » (consistant à étudier en marchant dans la forêt), j’ai si bien étudié tous ces manuels que j’ai réussi à devenir une très bonne étudiante en maîtrise, cette fois, sur le campus, à l’Université Paris 8. De fil en aiguille, me voilà au doctorat, changeant encore de pays, puis de directeurs de thèse et du sujet… Pour finalement me retrouver à travailler sur un sujet de thèse qui était un retour à mes racines soviétiques, puisque je me suis plongée dans la théorie psychologique de Lev Vygotski, celui-là même qui souhaitait construire une psychologie marxiste, une psychologie nouvelle pour un homme nouveau, l’idéal dont mon grand-père et mon père étaient pétris.

J’ai longtemps hésité à écrire ce blogue… Alors que mon premier article écrit pour une revue en éducation portait sur l’écriture comme l’outil de la pensée. J’y exposais mes premières impressions « vygotskiennes ». Depuis, la question de l’écriture et de sa médiation dans la pensée et le langage, tout comme celles de autres outils cognitifs, est toujours avec moi, même si les chemins sont tortueux.

C’est donc cela la pensée : un jardin aux sentiers qui bifurquent.

Délire laborieux et appauvrissant que de composer de vastes livres, de développer en cinq cents pages une idée que l’on peut très bien exposer oralement en cinq minutes. (J.-L. Borges, Le jardins aux sentiers qui bifurquent, Fictions, 1957, p. 3)

Le chemin vers mon jardin.